Seaspiracy, le documentaire qui dénonce les dérives de la pêche industrielle


Culture Vegan, Documentaires / vendredi, juin 25th, 2021

J’ai hésité longtemps avant de regarder Seaspiracy, le documentaire d’Ali Tabrizi disponible sur Netflix depuis le début d’année. J’avais entendu qu’il était choquant et n’avait pas envie de me confronter à des images insoutenables de mammifères marins ou de poissons en souffrance. Mais plus je le voyais apparaître dans mes suggestions Netflix, plus l’envie était grande d’en découvrir un peu plus sur ce que ce documentaire avait à me montrer. C’est donc curieuse mais un peu angoissée que j’ai décidé de le regarder, afin d’en savoir un peu plus sur l’impact que la pêche industrielle a sur nos océans.

C’est quoi, Seaspiracy ?

Amoureux de l’océan et des animaux marin depuis son enfance, Ali Tabrizi est un réalisateur de documentaires qui a souhaité en savoir plus sur l’omniprésence du plastique dans nos océans. Cette enquête l’a mené à en découvrir bien plus sur ce qui s’y passe réellement : surpêche aux conséquences dramatiques sur l’équilibre fragile des écosystèmes, massacres animaliers au nom d’une tradition, esclavagisme sur les bateaux de pêche, pêche illégale qui appauvrit les populations locales… la liste est longue, et fait froid dans le dos.

Ali Tabrizi sur un marché d’ailerons de requin

Pêche intensive, massacre de dauphins, esclavage…

Seaspiracy cherche à alerter sur l’exploitation des océans et aux conséquences dramatiques sur la biodiversité … et potentiellement sur la survie des humains sur Terre.

Ali Tabrizi se rend notamment à Taiji, une baie située au Japon, et où chaque année des milliers de dauphins sont massacrés au nom de la tradition. Certains dauphins, capturés encore vivants, seraient ensuite revendus à des parcs aquatiques. La surpêche ayant des conséquences écologiques graves sur les populations de poissons, les pêcheurs de Taiji accusent les dauphins d’en être la cause et de manger tout le poisson, ce qui vient justifier le fait de les massacrer.

Le documentaire aborde également le sujet des requins, qui sont nombreux à mourir dans les filets de pêche (on appelle ça des prises accessoires, ou bycatch = 40 % des animaux remontés dans les filets sont des prises accessoires, et sont rejetés à la mer agonisants ou déjà morts). Manger du poisson impacte donc directement les autres espèces de l’océan, comme les requins, les tortues ou encore les dauphins.

Le documentaire fait froid dans le dos, et aborde tellement de sujets qu’on ne sait plus contre quoi se battre en premier : mensonge des labels qui prétendent garantir une pêche durable, forte présence des filets de pêche dans les mares de plastique qui polluent nos océans (les filets représentent 46 % de la masse du vortex du Pacifique !), silence des ONG sur le sujet de la pêche, problèmes liés aux élevages de poissons, etc…

Il y a également le sujet de l’esclavagisme dont je n’avais pas connaissance avant de voir ce documentaire. En Indonésie, des hommes se retrouvent embarqués sur des bateaux de pêche et réduits en esclavage, subissant de la violence et forcés à travailler jusqu’à l’épuisement. Ceux qui protestent sont souvent balancés par-dessus bord. Le poisson se faisant plus rare et le coût de la pêche augmentant, réduire des hommes en esclavage permettrait de limiter les coûts liés à ce commerce.

Le thon est mené vers l’extinction par la surpêche

Pourquoi regarder Seaspiracy ?

Seaspiracy est difficile à résumer en un seul article. Mais il est essentiel de le voir afin de réaliser l’ampleur du problème que représente l’exploitation incessante de nos océans. Les océans nous maintiennent en vie. Chaque espèce fait partie d’un écosystème bien rodé mais fragile, et la disparition de l’une de ces espèces peut entraîner tout un effondrement aux conséquences terribles. La pêche intensive réalisée aujourd’hui afin de nourrir le monde en poisson est en train de tuer nos océans. Non seulement les populations de poissons sont décimées par les bateaux gigantesques qui viennent ratisser les fonds marins, mais de nombreuses espèces marines se retrouvent prises dans les filets et finissent par mourir.

Evidemment, il y a un parti pris dans ce documentaire. Les chiffres énoncés ont été choisis en fonction de leur pertinence avec le postulat du réalisateur, et il cherche clairement à convaincre son audience de limiter sa consommation de poisson. Mais même si l’on n’est pas dans cette mouvance-là, tous les autres sujets sont importants à connaître. Peu importe qu’on s’intéresse davantage à l’écologie, à la nature ou encore aux droits humains : se battre pour la survie de nos océans et des animaux qui les peuplent est l’affaire de tous.

Massacre de dauphins dans la Baie de Taiji, au Japon

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