Ce que je n’aime pas dans le fait d’être vegan


Réflexion, Vivre Vegan / mercredi, février 26th, 2020

J’adore être vegan. J’adore la nourriture vegan. J’adore vivre en accord avec mes convictions. J’adore parler de véganisme, lire sur le véganisme, échanger avec des vegans …

Mais voilà, y a des choses moins drôles et des inconvénients dans le fait d’être vegan. Des contraintes au quotidien dont je me passerais bien parfois.

Supporter les remarques de l’entourage

Le gros point noir dans ma vie de végane, c’est les gens autour de moi. « L’enfer, c’est les autres. »Il avait pas tort Sartre. Si les gens autour de moi n’existait pas, mon véganisme serait le paradis sur Terre.

Alors, avant tout, j’aimerais dire que j’ai de la chance. Mon conjoint, mes collègues et mes amis proches ont accueilli mon véganisme avec beaucoup de bienveillance, et je me rends bien compte que c’est une chance quand j’entends le discours d’autres vegan un peu bien moins lotis.

Mais il y a toujours des gens pour jeter une ombre au tableau. Qu’il s’agisse des parents, des beaux-parents, des étrangers qui se permettent de commenter mon alimentation, je suis régulièrement confrontée à l’incompréhension, au mépris, à la moquerie et au rejet.

J’ai l’avantage de croire assez en mes choix de vie pour ne pas me laisser déstabiliser par les remarques blessantes qui peuvent parfois surgir. J’essaie d’accepter que les autres voient les choses différemment, qu’ils ne réalisent pas la portée de leur discours, et que la solution la plus sage est tout simplement de les ignorer. Mais parfois, c’est dur, c’est blessant et c’est décourageant.

Et d’un autre côté, je dois remercier ces gens. Je veux tellement défendre ma cause face à l’ignorance et au rejet que je dévore les livres sur le véganisme pour avoir les arguments nécessaires lors d’une conversation sur le bien-fondé de ce mode de vie, ce qui m’a permis d’être plus documentée sur le sujet et de mieux savoir défendre cette alimentation.



La sensation d’isolement lors des repas

J’en parlais dans un précédent article et pour moi ça reste l’un des gros inconvénients de manger une alimentation alternative : la sensation d’être isolée constamment.

Il arrive très fréquemment que, lorsque je suis invitée, les hôtes me préparent un repas différent. Bien que leur intention soit louable et que je leur soit reconnaissante de faire l’effort de cuisiner différemment, j’ai toujours mal vécu au fond de moi cette singularisation. Je ressentais déjà ça au moment de mon végétarisme et c’est encore plus présent maintenant que je suis vegan.

Lorsque je suis en présence de mes proches, j’ai envie de manger la même chose qu’eux. J’ai envie de savourer le même repas et de pouvoir le commenter avec eux. D’y repenser plus tard en se rappelant à quel point c’était bon. Mais la plupart du temps, c’est impossible, car nous avons des choses différentes dans l’assiette.

J’ai fini par accepter cet état de fait, mais je savoure pleinement les occasions où je peux déguster le même repas que tout le monde. Je remarque d’ailleurs que ce sont les anciennes générations qui vont opérer cette singularisation, tandis que les gens de mon âge vont plutôt cuisiner un plat vegan pour tout le monde lorsqu’ils m’invitent chez eux, et c’est un vrai plaisir de se sentir intégrée au repas de cette façon.

Le manque de spontanéité

Je ne vais pas vous le cacher : être vegan, c’est une charge mentale au quotidien.

Fini le temps où je pouvais attraper un gâteau sur la table sans me soucier de ces ingrédients. Aujourd’hui, je regarde avec un mélange d’envie et d’étonnement les gens qui prennent des aliments sur la table sans demander ce que c’est : je n’ai plus cette liberté là.

Alors oui, parfois c’est fatigant. Scruter les étiquettes, regarder un plat d’un air suspicieux, devoir demander ce qu’il y a dedans au risque d’être regardé bizarrement… c’est un travail de chaque instant.



Ce manque de spontanéité est d’autant plus problématique lors des sorties, en particulier si je suis hors de Strasbourg. Trouver un restaurant vegan en pleine cambrousse alsacienne, c’est quasiment mission impossible. Une simple invitation au restaurant se transforme alors en croisade et les questions se mettent à fuser dans ma tête : « Ils font des plats vegan ? Je dois les appeler ? Peut-être que le menu est sur Internet… Et s’il n’accepte pas de modifier leurs plats ? Il se passe quoi si on débarque et que je peux rien manger ? »

Heureusement, certaines applications comme Happy Cow permettent de repérer facilement les restaurants vegan-friendly dans les environs. Mais ça reste une source de stress au quotidien, et être vegan, c’est aussi accepter ce genre de contraintes.

Malgré ces points négatifs, je m’épanouis pleinement dans ce mode de vie. Si c’est ce que vous voulez, ne laissez pas les petites contraintes se mettre en travers de votre chemin, et vivez pleinement vos convictions. ♥

Photo : evamirkovicphotographie

2 réponses à « Ce que je n’aime pas dans le fait d’être vegan »

  1. Les « aléas » du véganisme ! Je me retrouve tout à fait dans ton article, avec option « j’ai perdu des amis en devenant vegan ».. Ce n’est pas toujours facile mais comme tu le dis bien, ce choix en vaut la peine !
    Et puis, entre vegan on peut se comprendre et donc se soutenir 😊

    1. Oui heureusement qu’on est à une époque où on peut échanger entre nous via les réseaux 🙂
      Et pour les amis, je ne suis pas sûre que c’était de si bons amis que ça, donc finalement ça permet de trier les gens qui t’aiment vraiment et le reste 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *