Pourquoi un vegan ne porte pas de laine ?

Pourquoi un vegan ne porte pas de laine
Source : www.pixabay.com

La laine aujourd’hui

Le marché de la laine

La laine aujourd’hui, c’est plus de 2 millions de tonnes produites chaque année et l’élevage d’environ 1 milliard de moutons sur l’ensemble de la planète.

L’Australie (25% de part de marché) et la Chine (18%) sont les premiers pays producteurs, suivis de la Nouvelle-Zélande, l’Iran, l’Argentine et le Royaume-Uni.

La laine, un matériau qui semble inoffensif

A première vue, la laine est une matière tout ce qu’il y a de plus inoffensif. En effet, contrairement à d’autres industries, la mise à mort de l’animal n’est pas nécessaire pour produire la laine. De plus, les moutons doivent nécessairement être tondus au moins une fois par an pour éviter le surplus de laine qui peut causer un réel inconfort, voire la mort dans certains cas.

La production de laine a donc cette jolie image bucolique d’un échange mutuel entre le mouton et l’éleveur, ce dernier rendant service au mouton en lui enlevant cette laine superflue, tandis que le mouton fournit la laine qui servira à se réchauffer l’hiver. Une relation gagnant-gagnant qui semble tout à fait exempte de reproches. Inconcevable donc pour certains que les vegan s’obstinent à rejeter la laine et refusent d’en porter.

Pourquoi un vegan ne porte pas de laine
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Laine : une production au mépris du bien-être animal

Et pourtant… dans la réalité, on est bien loin de cette image bucolique, en tout cas en ce qui concerne la production à échelle industrielle.

Des méthodes de productions brutales

Dans un souci de rendement toujours plus élevé, le bien-être de l’animal n’est plus du tout une priorité dans les élevages, en Australie comme dans d’autres pays producteurs.

La tonte, devant aller toujours plus vite, se fait au mépris du confort de l’animal : nombreux sont ceux qui subissent des blessures à cause du rasoir. Des coups leur sont même parfois administrés afin de les maintenir en place.

De plus, une technique répandue est celle du mulesing : afin d’empêcher la prolifération de mouches (appelées myases) dans le pelage de l’animal, la queue et d’autres parties de son anatomie sont tout simplement retirées, dans la souffrance et la brutalité, et sans aucune anesthésie.

La castration est également pratiquée sur les agneaux, et ce sans anesthésie la plupart du temps. Une technique souvent utilisée consiste à placer un élastique autour des testicules pour couper l’afflux sanguin : le processus est alors long et douloureux pour l’animal.

L’association PETA a enquêté sur ces méthodes de production (attention, ces images sont très dure à regarder) :

Source : www.petafrance.com

Des conditions de vie effroyables

Le mouton possède des capacités encore méconnues du grand public. Il s’agit d’un être sensible qui possède une vie émotionnelle riche. L’Université de Cambridge a démontré, grâce à une étude, que les moutons étaient capables de distinguer les émotions sur des visages humains ainsi que sur ceux de leur congénères. Ils sont également capables de reconnaître un visage et peuvent porter le deuil de leurs petits pendant plusieurs années grâce à des capacités mémorielles très développées.

Dans les élevages industrialisés, le mépris du confort et du bien-être du mouton sont monnaie courante. Alors que cet animal a une espérance de vie de 12 ans, il dépasse rarement les 2 ans dans ces élevages (en France, 16% des agneaux n’atteignent pas l’âge adulte). Certains meurent à cause de la chaleur causée par le surplus de laine. Ceux qui survivent subiront encore et encore l’épreuve brutale de la tonte (certains sont privés d’eau et de nourriture 24H avant pour les rendre plus dociles).

L’info à savoir : la tonte, qui paraît indispensable, n’est en fait que le produit de la sélection génétique que les hommes ont infligés aux moutons. Cette modification génétique, visant à augmenter la pousse de laine, a rendu les moutons incapables de se réguler tout seul.

Faire des choix plus éthiques

Privilégiez le made in France

En tant que vegan, je ne vous encourage guère à continuer de porter de la laine. Mais si malgré tout, vous souhaitez continuer, tâchez alors de privilégier les productions françaises et éthiques.

En sachant que la plupart des laines vendues dans le prêt-à-porter proviennent, elles, d’élevages industriels. Je ne vous recommande donc pas d’acheter votre pull en laine chez Zara ou H&M si le bien-être des moutons vous importe.

Les alternatives à la laine

De nombreuses alternatives existent aujourd’hui, non préjudiciables pour les animaux et souvent moins polluantes (la production de laine serait responsable de 90 % des émissions de gaz à effet de serre en Nouvelle-Zélande à cause du méthane dégagé par les animaux) :

  • les fibres naturelles, comme le lin, le chanvre, l’ortie et le coton (le coton étant gourmand en eau et en pesticides, mieux vaut le choisir bio et de production durable)
  • les fibres artificielles comme le lyocell et le modal

Sources utilisées :
https://www.petafrance.com/nos-campagnes/habillement/les-animaux-exploites-pour-la-laine/
http://minuitsurterre.com/ne-porter-de-laine/