Vegan : Résister aux tentations


Réflexion, Vivre Vegan / mercredi, février 5th, 2020

Faire le choix de devenir vegan implique de profonds bouleversements dans son mode de vie, sa relation avec les autres, et son regard sur le monde. C’est dire adieu à toute une partie de notre vie qu’on a souvent connu depuis l’enfance. Devenir vegan signifie notamment renoncer à de nombreux aliments qui faisaient partie intégrante de notre manière de manger. Il est donc normal, suite à ce renoncement, que les tentations apparaissent. Comment les gérer ? Faut-il se sentir coupable ?

Choisir, c’est renoncer

Etre vegan, c’est devoir renoncer à de nombreux plats et aliments dont parfois on raffolait. Et comme tout renoncement, il vient avec son lot de frustrations. C’est ce que beaucoup de personnes ne saisissent pas quand ils demandent « Pourquoi vous cherchez à reproduire le goût de la viande si vous n’en mangez plus ? ». Eh bien, tout simplement parce que devenir végétarien ne veut pas dire qu’on aime pas la viande ! Comme arrêter de fumer ne veut pas dire ne pas aimer la cigarette (c’est juste que pour ses poumons, c’est mieux).

Il arrive donc, plus ou moins fréquemment, de ressentir la tentation et l’envie de manger un produit non-vegan. Que celui qui n’a jamais bavé devant de la mozzarella fondue sur une pizza me jette la première pierre ! Cette tentation, je la vis souvent mal. Pas parce que je ne peux pas l’assouvir, mais parce qu’elle me fait me sentir coupable. Coupable de vouloir un aliment « interdit », coupable d’imaginer ne serait-ce qu’un instant de consommer un aliment ayant causé la souffrance d’un être vivant.



Faire face à la tentation

Après avoir réfléchi à ces tentations auxquelles on échappe pas (à moins d’être un surhomme ou un moine), j’ai décidé de vous présenter trois astuces pour y faire face de manière sereine.

Accepter sans culpabiliser

Première résolution à adopter face à une tentation : ne pas culpabiliser. Il faut tout d’abord accepter que oui, ces tentations feront partie du chemin, qu’elles sont naturelles, et que plutôt que de les vivre douloureusement, il vaut mieux les accepter. Comme je peux être tentée par une cigarette malgré ma résolution de ne plus fumer, il est certain que je serai tentée à plusieurs reprises tout au long de ma vie par des produits non-vegan. Ce sont des aliments que j’ai aimé ou qui se rattachent à des souvenirs heureux de mon enfance : il y a toute une dimension émotionnelle qui rend parfois la séparation douloureuse.

Ma mère avait l’habitude de chercher un poulet grillé au marché les jeudis midi lorsque j’étais enfant. J’adorais tout particulièrement la peau : l’odeur suffisait à me faire saliver. Je ne mangeais quasiment pas de viande même avant de devenir végétarienne, toucher une viande crue me dégoûtait et la vue d’un nerf ou du sang me faisait tourner de l’oeil. Le poulet grillé, c’était la seule viande acceptable pour moi. Je ne vous mentirais pas : aujourd’hui encore, l’odeur me chatouille les narines. Sur mon trajet entre la maison et le travail se trouve une boucherie, et l’odeur du poulet grillé en ressort souvent : tous les soirs, c’est donc un véritable exercice de self-control qui s’impose à moi. Je me sens parfois coupable d’aimer sentir l’odeur.

Mais il ne faut pas. Je ne dois pas m’autoflageller parce que l’odeur du poulet me plaît. Je dois l’accepter, tout simplement. Admettre à moi-même que oui, j’ai aimé cet aliment, son odeur me rappelle de bons moments gustatifs et familial, et que cela ne fait pas de moi une « mauvaise vegan ».

Vous ressentirez tous, un jour ou l’autre, ce genre de retour dans le passé à cause d’une odeur ou la vue d’un plat de votre enfance : acceptez ce souvenir avec le sourire. Et rappelez-vous simplement de ce qui vous a fait arrêter de consommer cet aliment. La tentation est souvent passagère et ne dure que quelques secondes : acceptez-là puis passez à autre chose.

Se tourner vers les alternatives

Une autre astuce qui m’aide à affronter la tentation, c’est de penser aux alternatives qui existent et qui me procurent un plaisir similaire. Je l’utilise en particulier avec le fromage. Sans être une grande amatrice, le fromage se trouve sur beaucoup de mes plats favoris, comme la pizza. Je me retrouve parfois à jeter un oeil à l’assiette de mon compagnon et à lorgner sur sa mozzarella fondante. Encore une fois, c’est humain.

Pour gérer cette tentation, je pense simplement aux alternatives que je connais. Nous avons la chance de vivre dans un monde et à une époque où le marché du véganisme est en pleine expansion. Je peux manger du faux-gras et du faux-mage à raclette après un simple détour par la boutique bio.

Alors oui, cette alternative n’est pas toujours à portée de main : je n’ai parfois pas de fromage vegan à la maison, ni de quoi en faire un rapidement. Mais j’accepte ce fait. Je me dis que, à cet instant, je n’ai pas la possibilité de manger quelque chose d’approchant, mais que d’autres occasions se présenteront de ressentir le plaisir que cette mozzarelle pourrait me donner. En général, la tentation ne dure que quelques secondes, et je me re-focalise sur ma propre assiette.

Si vous ressentez fréquemment ce genre de tentations, pensez peut-être à faire le stock d’alternatives que vous aimez, ou d’avoir toujours du faux-mage maison dans votre frigo, par exemple. Il vous sera ainsi plus facile d’assouvir cette envie si vous êtes chez vous.



Ces aliments qu’on ne remplacera pas : la force de la conviction

Malgré tout le talent des laboratoires et les nombreux choix d’alternatives sur le marché, il y a des aliments qu’on ne remplacera pas.

J’adorais les crevettes. C’est un aliment que j’ai dégusté à maintes reprises, que j’ai aimé, qui m’a fait envie. Et rien ne s’approchera du goût de la crevette. Il y a bien des simili mais clairement, ils n’arrivent pas à la cheville de la crevette.

Heureusement, j’ai peu l’occasion de me retrouver confrontée à cette tentation, mais ça peut arriver. Et là, je n’ai pas de solution miracle malheureusement. Je dois accepter que jamais je ne retrouverai la sensation gustative que j’ai connue avec les crevettes.

Comment je surmonte cette déception ? Je me raccroche à ce qui m’a amené là. A mes convictions, et à ces choix que j’ai fait, que je ne regrette pas. Je sais pourquoi je suis vegan, dans ma tête comme dans mon coeur. Alors je pense fort à ça, et je pense à tous ces autres aliments que j’aime et qui eux, sont vegan. Je pense à tous ces burgers vegan que je dévore régulièrement, à toutes ces alternatives délicieuses que j’ai déjà eu l’occasion de découvrir. Et je me dis que, finalement, me passer de crevettes, c’est pas la mer à boire.



4 réponses à « Vegan : Résister aux tentations »

  1. Je me retrouve dans cet article (excepté pour les crevettes 🦐 qui ne risquent pas de me manquer, je n’en ai jamais mangé) ! Merci pour ce nouveau partage pertinent 😊
    Tu l’as très bien dit : ce n’est pas la mer à boire, et c’est pour une bonne cause !
    Bonne soirée ! 😊

  2. Super article !
    Je me reconnaît totalement dans l’histoire du poulet et de sa peau car moi aussi c’était une chose que j’aimais vraiment beaucoup. Heureusement pour moi j’ai peu l’occasion se sentir cette odeur et de voir un poulet grillé à la peau croustillante car depuis que je suis végétarienne mes parents mangent beaucoup moins de viande et encore moins quand je suis chez eux. Mais quand c’est le cas, j’utilise les même techniques que toi : acceptation et force de conviction. Et une fois sortie de table je n’y pense même plus 😊

    1. C’est réconfortant de savoir que je suis pas la seule à vivre cette souffrance haha ! Effectivement c’est le genre de moments où il faut se rappeler pourquoi on a fait ce choix, et si la conviction est assez forte je pense qu’elle suffit à se ressaisir 🙂 !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *